Donc la suite. Nous sommes rendus dans le Détroit d'Hudson et trop tôt dans la saison, même si nous sommes en plein juillet, le banc de glace qui se forme en hivers n'a pas eu le temps de se
défaire. Alors, un semaine a tenté de passer, de se glisser dans les fissures... Pour finalement se
prendre et appeler à l'aide la cavalerie... qui est venu sous la forme d'un magnifique bateau rouge et blanc de la garde-cotière.
Et nous avons pu nous rendre au premier port... si on peut appeler comme cela un agglomération de cabane inuit (ne jamais, jamais les appeler Esquimaux, qui est un mot cri voulant dire "mangeur de poisson cru"). Donc nous y voilà, au magnifique Kangiqsujuaq. La journée s'annonce longue, il faut jeté l'ancre, descendre les barges et les remorqueurs à l'eau, ouvrir les cales et commencer à charger les barges. Ici, il n'y a pas de port où s'amarrer, pas de débardeurs pour décharger le navire, pas de repos pour l'équipage, seulement de longues heures de travail et les faces de plus en plus longues, aussi, de nos confrères.
Nous avons fait ainsi tout les petites agglomération du nord du Québec, livrant des denrées non périssables, des skidoos, des canots à moteur, du gaz propane en cylindre individuel, des
bécosses (pas encore utilisées) et tout ce vous pouvez imaginez et ne pas imaginez. Ivujivik,
difficile d'y lâcher l'ancre, tant l'eau y est profonde, Kangirsuk, où nous sommes restés coincer
pendant une semaine à cause d'un iceberg qui bloquait l'entrée de la baie, Inukjuak et son entrée
si étroite que j'en ai encore des sueurs dans le dos, et Salluit, Salluit qui a une tel histoire qu'il me
faut retarder ça jusqu'à demain la suite de ce récit...